Gestion des blessures


ATTENTION, les informations qui seront présentées ici ne sont en aucun cas un substitut aux cours de R.C.R. et de Premiers Soins offerts par divers organismes reconnus. Il s’agit plutôt d’informations complémentaires.


Principes de gestion

Principes généraux

  • Agissez à la hauteur de vos connaissances
  • Connaissez vos athlètes
  • Conservez votre calme en tout temps
  • Agissez vite, mais en sécurité
  • Reconnaissez une blessure exceptionnelle (voir plus bas)
  • Éloignez les gens autour du blessé
  • Laissez le blessé vous guider dans vos actions

Étapes d’évaluation

  • Regardez
    En étant témoin de l’accident, vous obtiendrez immédiatement les informations essentielles à une bonne prise en charge.
  • Réfléchissez
    Pendant que vous vous approchez du blessé, vous devriez déjà être en mesure de prévoir s’il s’agit d’une blessure exceptionnelle, qui demande donc tout de suite un transport d’urgence. Préparer mentalement votre intervention.
  • Observez
    Bien observer la personne blessée et particulièrement la région atteinte. Ceci devrait fournir tout le reste de l’information nécessaire à votre prise de décision. Assurez-vous de son état de conscience et/ou parlez au blessé. Vérifiez comment il se sent et demandez-lui d’effectuer quelques mouvements à la région atteinte.
  • Touchez
    D’ordre général, vous n’aurez pas à toucher à la région blessée à ce stade-ci, à l’exception des cas de blessures particulières et exceptionnelles.


Blessures courantes

La grande majorité des blessures que nous rencontrons chez les sportifs sont des blessures aux tissus mous, très souvent musculaires ou ligamentaires. Les signes et symptômes étant toujours très semblables, le rôle de la personne responsable des blessures au sein d’une équipe n’est pas de pouvoir identifier ni la structure exacte, ni le type de lésion, ni même le grade, mais bien de gérer la blessure adéquatement en phase aiguë. L’application de Glace (15 min. au 90 min.), la Compression (bande élastique relativement serrée) et l’Elévation de la région atteinte, est encore la façon d’agir recommandée (GCE). Rappelez-vous que les premiers soins apportés pendant les six à douze premières heures postblessure sont très importants.

S’il y a une fracture évidente, donc une difformité au niveau de la région atteinte, ne pas appliquer cette méthode (GCE) de premiers soins. Pour toute blessure, un suivi médical et très souvent une radiographie devraient être faits pour éliminer toute fracture potentielle.

En ce qui concerne les saignements, il est important de différencier entre mineur, modéré et majeur. Les saignements mineurs sont fréquents et sans risque. Personne n’émet la possibilité que des points de suture seraient nécessaires ici, c’est alors évident pour tous. En ce cas, nettoyez avec eau et savon, bien rincez à l’eau et l’application d’un pansement suffira. Les saignements majeurs sont aussi très faciles à reconnaître et la gestion de ceux-ci est décrite plus bas.

C’est donc dire qu’un saignement modéré est tout ce qui amène un doute à savoir si des points de suture sont nécessaires ou non. Ce n’est pas à nous à en décider. Traiter comme un saignement majeur et assurez-vous qu’une consultation médicale soit faite le plus tôt possible, assurément en moins de quatre heures.

D’autres types d’interventions vous seront indiqués dans les sections suivantes.


Blessures particulières

Souffle coupé

Il nous est tous arrivé à un certain moment d’avoir eu le souffle coupé après avoir reçu un coup à l’abdomen. C’est une situation très stressante. On a vraiment l’impression que l’on va y rester. Il s’agit d’un spasme involontaire du diaphragme, muscle principal de la respiration. Que doit-on faire face à une telle situation?

D’abord, il faut savoir que le pire des scénarios qui nous attend, c’est que la personne devienne inconsciente suite à un manque d’oxygène. Il faut donc s’assurer qu’elle ne se blesse pas en tombant. Une fois inconsciente, règle générale, l’état de la respiration revient à la normale sans avoir à intervenir. Avant qu’elle ne perdre conscience, il faut garder un contact visuel avec la personne, tentez de la calmer et lui demander d’essayer de ne prendre que de petites respirations rapides en gardant les lèvres pincées. Rares sont les cas qui deviendront inconscients.

Coups aux testicules

Il va de soi que ce problème potentiel ne s’adresse qu’à environ 50% de la population. En revanche, ceux qui l’ont expérimenté prétendent que la douleur est considérable. Les femmes diront pour leur part que l’accouchement est certainement pire. Quoi qu’il en soit, la gestion de la situation n’est pas la même.

Un coup porté aux testicules peut provoquer une douleur aiguë, accompagnée de vomissements. La position fotale est automatiquement adoptée. L’intervenant doit dans un premier temps, tenter d’allonger doucement les jambes de l’individu tout en le calmant. À défaut de ne pouvoir le faire, il peut saisir le blessé par le thorax, en se plaçant derrière lui, le soulever de cinq à dix centimètres, et le laisser retomber les fesses au sol. L’impact a le même effet que de sauter sur les talons et a tendance à favoriser la diminution du spasme crémastérique, en grande partie responsable de la douleur. Lorsque la douleur sera diminuée, procédez à l’extension des membres inférieurs.

Dent brisée

Il est possible pour un dentiste de coller une dent brisée ou de replacer une dent déracinée. Il faut consulter très rapidement et apporter la dent, soit dans un petit contenant avec du lait, ou plus facile encore, la placer dans une compresse mouillée à l’intérieur de la joue du blessé.

Il est très important de tenter de trouver le (les) morceau(x) de la dent, car sous l’impact, le blessé pourrait avoir inspiré des morceaux. Une radiographie pulmonaire est alors nécessaire pour éliminer cette possibilité.

Saignement de nez

Il est très fréquent d’avoir à intervenir pour un saignement de nez. Autrefois, on conseillait au blessé de basculer la tête vers l’arrière et de pincer le nez. Aujourd’hui, on recommande toujours de pincer le nez, mais de plutôt se pencher la tête légèrement vers l’avant. Conserver le nez pincé jusqu’à ce que le saignement arrête totalement. Ne permettez pas au blessé de se moucher pour un bon laps de temps. S’il y a fracture évidente, le blessé ne vous permettra pas vraiment de lui pincer le nez. Assurez le transport d’un tel cas vers l’hôpital le plus près.


Blessures exceptionnelles

Perte de conscience

Personne ne peut évaluer adéquatement une personne inconsciente étant donné que la victime ne peut répondre à nos demandes et nous démontrer ses capacités physiques et mentales. Tous doivent donc, jusqu’à preuve du contraire, assumer une lésion cervicale importante qui exige la plus grande prudence.

Devant une telle situation, il faut s’assurer que la personne blessée puisse respirer, qu’une fréquence cardiaque soit présente et que le transport d’urgence soit mis en ouvre. On ne déplace jamais une personne inconsciente. Les services ambulanciers sont les seuls équipés pour le faire de façon sécuritaire.

Colonne vertébrale

Une blessure au dos ou au cou doit être gérée très prudemment. Généralement, la personne ressentira des douleurs au site de lésion, possiblement accompagnées d’un ou plusieurs symptômes suivants : Engourdissement, perte de sensation, faiblesse (impression de lourdeur) et irradiation de la douleur au membre supérieur et/ou inférieur selon le cas. Tant et aussi longtemps que la personne blessée est en mesure de respirer et qu’elle présente une fréquence cardiaque, ne la déplacer aucunement. Attendez le transport d’urgence. À défaut de pouvoir confirmer une fréquence cardiaque et une respiration, procédez à la méthode de R.C.R..

Commotion cérébrale

La commotion cérébrale est une lésion infligée au cerveau. Donc, il est tout à fait normal que nous y attachions une importance particulière. Évidemment, la commotion est en général plutôt légère, mais peut être parfois très sévère.

La commotion se caractérise par un changement de l’état mental de la personne. Il peut y avoir un état de confusion, des étourdissements, des pertes de conscience et/ou de mémoire, des nausées / vomissements, des maux de tête, de la fatigue, un regard vide, une désorientation spatiale et/ou temporelle, un manque de coordination,…

Dans tous les cas, la commotion cérébrale nécessite le retrait du jeu immédiat et une visite chez un professionnel de la santé s’impose. Ne jamais administrer d’aspirine ou médicament semblable, même s’il y a maux de tête. Consultez un médecin avant de prendre quoique ce soit. Seule la glace, peut être utilisée sécuritairement. Comme pour toute blessure, mais particulièrement pour les commotions, un retour au jeu progressif à l’aide d’entraînement spécifique s’impose. Le cerveau a besoin de temps pour guérir et seul la remise à l’entraînement progressif va nous guider sur son stade de guérison. Si l’athlète est prêt (guéri), aucun symptôme mentionné ici ne fera sa réapparition à l’effort intense.

Saignement majeur

Peu importe sa taille, l’humain adulte est composé de plus ou moins (5) litres de sang. On ne peut donc pas se permettre d’en perdre beaucoup. Par conséquent, il faut limiter le débit rapidement et se rendre à un centre hospitalier sans délai.

Le meilleur moyen pour contenir un saignement est la pression directe sur la plaie. Le port de gants étant fortement recommandé. Il faut rapprocher les rebords qui ont été lacérés, appliquer des compresses stériles et comprimer fermement la région. Ne jamais enlever les premières couches de bandage qui ont été appliquées. On peut toutefois en ajouter au besoin. Ne pas utiliser de garrot.


Rapport d’accident

Toute blessure nécessitant un retrait du jeu pour le match en cours devrait être documentée. Il ne s’agit pas de faire un rapport élaboré et encore moins d’émettre un diagnostic, mais bien de relater les faits survenus. Un formulaire type et standard devrait être utilisé et joint à la fiche médicale (antécédents médicaux) de l’athlète. Nous avons pris soin de vous fournir un rapport type que vous pouvez utiliser à votre guise. Vous n’avez qu’à cliquer ici pour le visualiser et l’imprimer.


Retour au jeu

On se demande tous la même question à un certain moment. Est-il prêt à revenir au jeu? On a l’impression que tout le monde sort sa boule de cristal pour y répondre. Pourtant, cela est très simple et le responsable de la santé et sécurité a un rôle important à jouer ici.

D’abord, après une blessure et une absence à la compétition, il est essentiel d’obtenir l’avis d’un professionnel de la santé (médecin et/ou physiothérapeute). Par la suite, il s’agit de vérifier progressivement la capacité de l’athlète à effectuer les habiletés techniques requises à la pratique de son sport. À l’aide d’entraînement, on le remet graduellement dans des situations de plus en plus difficiles, jusqu’à ce qu’il démontre des capacités correspondant à ses habiletés initiales, ou jugez acceptables, et ne représentant pas de risques.


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